Ce que l'absence d'Hakimi coûte vraiment au PSG
Deux points et demi de probabilité de victoire au Vélodrome. Quatre Parisiens coûteraient plus cher que lui. Et nos deux modèles, pour une fois, ne sont pas d'accord sur cette rencontre.
Par Lucas da Silva · 18 septembre 2026 · 6 min
Achraf Hakimi ne jouera pas dimanche. Problème à la cuisse, annoncé en début de semaine. Pour le latéral droit titulaire du champion en titre, international marocain, le titre s'écrit tout seul : coup dur pour Paris avant le Classique.
Nous avons chiffré le coup dur. Il vaut deux points et demi.
Cinquième sur la liste
Un chiffre isolé ne dit rien. Nous avons donc rejoué la rencontre onze fois, en retirant à chaque tour un titulaire parisien et en le remplaçant par sa doublure la plus probable au même poste. Même adversaire, même stade, mêmes paramètres : seul le joueur change.
| Si ce joueur manquait | Remplacé par | Coût |
|---|---|---|
| Ousmane Dembélé | Désiré Doué | 4,02 pt |
| Nuno Mendes | Lucas Hernández | 3,48 pt |
| Khvicha Kvaratskhelia | Mika Godts | 3,00 pt |
| Marquinhos | Ilya Zabarnyi | 2,89 pt |
| Achraf Hakimi | Warren Zaïre-Emery | 2,51 pt |
| Vitinha | Senny Mayulu | 2,11 pt |
| Fabián Ruiz | Senny Mayulu | 1,02 pt |
| Willian Pacho | Ilya Zabarnyi | 0,77 pt |
L'absence d'Hakimi arrive cinquième. Perdre Dembélé coûterait soixante pour cent plus cher, et trois autres Parisiens pèsent davantage que le latéral droit international marocain. Paris a perdu un très bon joueur, pas le sien.
La ligne qui surprend est celle de Nuno Mendes, deuxième. Elle ne dit pas qu'il vaut plus que Marquinhos : elle dit que l'écart avec sa doublure est plus grand. Un titulaire ne pèse jamais seul — il pèse la distance qui le sépare de celui qui prendrait sa place.
Personne n'improvise
C'est ce qui empêche la note de grimper plus haut : le remplacement n'a rien d'une solution de secours.
Warren Zaïre-Emery prend le couloir droit. Ce n'est pas un milieu qu'on décale dans l'urgence — il a démarré dix-sept fois à ce poste sur ses quarante-trois dernières titularisations, contre dix-huit au milieu, sa position d'origine. Luis Enrique l'y utilise depuis un an. Le staff parisien ne bricole pas : il applique une rotation qu'il a déjà rodée.
Les compositions annoncées
1
22
4
21
33
8
23
77
7
14
9
7
9
10
8
17
87
25
51
5
33
39Compositions communiquées avant la rencontre. Le joueur mis en avant est celui qui occupe le poste laissé libre.
Reste qu'un latéral droit de métier et un milieu qui dépanne ne défendent pas une ligne de touche de la même façon. Les deux points et demi sont là.
Deux lectures qui ne disent pas la même chose
Nous avons posé la même question à deux modèles, et ils ne sont pas d'accord. Nous publions les deux plutôt que celui qui nous arrange.
Le premier est celui que nous affichons ici chaque semaine. Il connaît les deux équipes et leur historique, rien d'autre — ni les blessés, ni les compositions. Il donne Paris à 53,2 %.
Le second lit les vingt-deux joueurs annoncés, leur poste réel et leur production des douze derniers mois, corrigée du niveau de leurs coéquipiers et de leurs adversaires. Il donne Paris à 66,9 %.
| Lecture | Marseille | Nul | Paris |
|---|---|---|---|
| Notre modèle d'équipe | 25,7 % | 21,1 % | 53,2 % |
| Compositions annoncées | 15,6 % | 17,4 % | 66,9 % |
Treize points d'écart, et ils tiennent à une chose : le modèle d'équipe juge Marseille sur sa saison, le modèle joueurs juge le onze que Marseille aligne dimanche. Le second voit un effectif marseillais très en deçà du parisien une fois les deux feuilles posées côte à côte.
Lequel croire ? Sur nos tests hors échantillon, le modèle joueurs prédit mieux — cinq pour cent de vraisemblance gagnée sur le modèle d'équipe. Mais un écart de treize points sur une seule rencontre reste un écart que nous ne savons pas arbitrer, et le dire est plus utile que de choisir en silence.
Ce sur quoi ils ne se contredisent pas, en revanche, c'est l'absence d'Hakimi : elle se lit comme une différence à l'intérieur du second modèle, toutes choses égales par ailleurs.
Ce qui se joue vraiment dimanche
Au classement,
Olympique Marseille est treizième avec trois points.
Paris Saint Germain, champion en titre, est huitième
avec cinq. Il y a un an, presque jour pour jour, Marseille gagnait 1-0 au Vélodrome ; en
février, Paris répondait 5-0.
Deux points et demi ne décident pas d'un Classique. Ce que ces chiffres disent est ailleurs : Paris reste largement favori au Vélodrome malgré une huitième place et un titulaire absent, parce que quatre de ses joueurs coûteraient plus cher que celui qui manque.
C'est aussi ce qui rend la soirée intéressante. Marseille n'a pas besoin que Paris soit diminué pour gagner. Il a besoin que Paris soit ce qu'il est depuis quatre journées.
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Les chiffres de cet article sont lus dans le dernier calcul publié : ils se mettent à jour avec le modèle et peuvent donc différer de ceux du jour de publication. C’est voulu — un article ne doit pas continuer d’affirmer ce qui n’est plus vrai.